• Des fleurs fines et mousseuses comme l’écume
    Poussaient au bord de nos chemins
    Le vent tombait et l’air semblait frôler tes mains
    Et tes cheveux avec des plumes.

    L’ombre était bienveillante à nos pas réunis
    En leur marche , sous le feuillage ;
    Une chanson d’enfant nous venait d’un village
    Et remplissait tout l’infini .

     

    Nos étangs s’étalaient dans leur splendeur d’automne
    Sous la garde des longs roseaux
    Et le beau front des bois reflétait dans les eaux
    Sa haute et flexible couronne .

     

    Et tous les deux, sachant que nos coeurs formulaient
    Ensemble une même pensée ,
    Nous songions que c’était notre vie apaisée
    Que ce beau soir nous dévoilait.

    Une suprême fois, tu vis le ciel en fête
    Se parer et nous dire adieu ;
    Et longtemps et longtemps tu lui donnas tes yeux
    Pleins jusqu’au bords de tendresses muettes.

    Emile Verhaeren

    Émile Adolphe Gustave Verhaeren, né à Saint-Amand

    dans la province d'Anvers, Belgique 

    le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916

    est un poète belge flamand d'expression française

    Dans ses poèmes influencés par le symbolisme

    où il pratique le vers libre,

    sa conscience sociale proche de l'anarchisme lui fait évoquer les grandes villes

    dont il parle avec lyrisme  sur un ton d'une grande musicalité. 

    . Il a su traduire dans son œuvre la beauté de l'effort humain .

     

    Défi de chez Nathie

     

     


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  •  

    Les îles

     

     

    Au large , dans l'attrait d'un fier isolement ,


    Apparaissent les îles


    Où parfois en rêveur , en chasseur , en amant


    À la sourdine on file .

    N'importe où l'on aborde , avidement on fait


    Le tour de son royaume ,


    Et la tente , sitôt dressée , est un palais


    Que l'atmosphère embaume .

     

    On se trouve lié d'instinct aux voyageurs


    De tout bateau qui passe .


    On a de l'intérêt pour les hérons guetteurs


    Grimpés sur leurs échasses .

     

    On muse sur la grève , on fauche pour son lit


    Les rouges salicaires


    Par quoi l'île transforme en élégants replis


    Marais et fondrières .

     

     

    L'éloignement du monde infuse dans l'air pur


    Un subtil aromate .


    On écoute en son cœur , près de l'eau , sous l'azur


    Chanter une sonate .

     

    On s'en revient les yeux fixés là-bas , et tel


    Qu'aux jours de sa bohème ;


    Heureux d'avoir été , dans le calme archipel ,


    Splendidement soi-même .

     

    Alphonse BEAUREGARD (1881-1924)

     

    Bonne  fin de semaine à toutes et tous

     

     

     

    Les îles


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  •  

    Sonnet pour un Cheval

     

    Sonnet pour un Cheval

    Quelques pas , un saut et il s’élève au Firmament

    Merveilleux être de lumière divine

    Fils élu de cette Nature Sublime 

    Alchimie organique des quatre éléments

    Cheval tu es le Feu qui fait brûler le vent

    Le souffle d’Air de la Beauté Parfaite

    L’animal de la Terre au profil d’Athlète 

    qui comme l’Eau , coule au gré du Temps

    Pégase de la Nuit je suis Bellaphoron

    Pur Sang inaccessible et Roi comme le Lion

    Cheval tu tiens dans ton coeur le monde

    Etalon de légende , passion céleste de Chine

    Puissant comme Perceval , Hercule ou bien Odin

    Tu es l’Universel , tu propages le Bien

    Winston Perez

    Sonnet pour un Cheval

    Bonne semaine à toutes et tous

    Bises

    Sonnet pour un Cheval

     

     


    64 commentaires
  •  

    Qu’ils étaient doux ces jours de mon enfance

    Où toujours gai , sans soucis , sans chagrin ,

    je coulai ma douce existence ,

    Sans songer au lendemain .

    Que me servait que tant de connaissances

    A mon esprit vinssent donner l’essor ,

    On n’a pas besoin des sciences ,

    Lorsque l’on vit dans l’âge d’or !

    Mon coeur encore tendre et novice ,

    Ne connaissait pas la noirceur ,

    De la vie en cueillant les fleurs ,

    Je n’en sentais pas les épines ,

    Et mes caresses enfantines

    Étaient pures et sans aigreurs .

    Croyais-je , exempt de toute peine

    Que , dans notre vaste univers ,

    Tous les maux sortis des enfers ,

    Avaient établi leur domaine ?

    Nous sommes loin de l’heureux temps

    Règne de Saturne et de Rhée ,

    Où les vertus , les fléaux des méchants ,

    Sur la terre étaient adorées ,

    Car dans ces heureuses contrées

    Les hommes étaient des enfants .

     

    Gérard de Nerval

     

    Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval 

    était  un écrivain et un poète français

    né le 22 mai 1808 à Paris , ville où il est mort le 26 janvier 1855

    Figure majeure du courant romantique

    il est essentiellement connu pour ses poèmes  et ses nouvelles

    notamment son ouvrage Les Filles du feu

    recueil de nouvelles  ( la plus célèbre étant Sylvie ) 

    et de sonnets ( Les Chimères ) publié en 1854 .

     

    Un bon  Week-end à toutes et tous

    Bises

    Monia

     




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  • O mois des floraisons mois des métamorphoses
    Mai qui fut sans nuage et Juin poignardé
    Je n’oublierai jamais les lilas ni les roses
    Ni ceux que le printemps dans les plis a gardés .


    Je n’oublierai jamais l’illusion tragique
    Le cortège les cris la foule et le soleil
    Les chars chargés d’amour les dons de la Belgique
    L’air qui tremble et la route à ce bourdon d’abeilles
    Le triomphe imprudent qui prime la querelle
    Le sang que préfigure en carmin le baiser
    Et ceux qui vont mourir debout dans les tourelles
    Entourés de lilas par un peuple grisé


    Je n’oublierai jamais les jardins de la France
    Semblables aux missels des siècles disparus
    Ni le trouble des soirs l’énigme du silence
    Les roses tout le long du chemin parcouru
    Le démenti des fleurs au vent de la panique
    Aux soldats qui passaient sur l’aile de la peur
    Aux vélos délirants aux canons ironiques
    Au pitoyable accoutrement des faux campeurs


    Mais je ne sais pourquoi ce tourbillon d’images
    Me ramène toujours au même point d’arrêt
    A Sainte-Marthe Un général De noirs ramages
    Une villa normande au bord de la forêt
    Tout se tait L’ennemi dans l’ombre se repose
    On nous a dit ce soir que Paris s’est rendu
    Je n’oublierai jamais les lilas ni les roses
    Et ni les deux amours que nous avons perdus


    Bouquets du premier jour lilas lilas des Flandres
    Douceur de l’ombre dont la mort farde les joues
    Et vous bouquets de la retraite roses tendres
    Couleur de l’incendie au loin roses d’Anjou

    Louis Aragon

     

    Bonne fin de semaine à toutes et tous

    Merci pour vos gentils passages

    Bises

    Monia

     

     

     


    47 commentaires
  •  

    Tout conjugue le verbe aimer . Voici les roses . 

    Je ne suis pas en train de parler d'autres choses . 

    Premier mai ! l'amour gai , triste , brûlant , jaloux , 

    Fait soupirer les bois , les nids , les fleurs , les loups ; 

    L'arbre où j'ai , l'autre automne , écrit une devise , 

    La redit pour son compte et croit qu'il l'improvise ; 

    Les vieux antres pensifs , dont rit le geai moqueur , 

    Clignent leurs gros sourcils et font la bouche en coeur ; 

    L'atmosphère , embaumée et tendre , semble pleine 

    Des déclarations qu'au Printemps fait la plaine ,

    Et que l'herbe amoureuse adresse au ciel charmant .

    A chaque pas du jour dans le bleu firmament , 

    La campagne éperdue , et toujours plus éprise ,

    Prodigue les senteurs , et dans la tiède brise 

    Envoie au renouveau ses baisers odorants ; 

    Tous ses bouquets , azurs , carmins , pourpres , safrans , 

    Dont l'haleine s'envole en murmurant : Je t'aime ! 

    Sur le ravin , l'étang , le pré , le sillon même , 

    Font des taches partout de toutes les couleurs ; 

    Et, donnant les parfums, elle a gardé les fleurs ;

    Comme si ses soupirs et ses tendres missives

    Au mois de mai , qui rit dans les branches lascives , 

    Et tous les billets doux de son amour bavard , 

    Avaient laissé leur trace aux pages du buvard !

    Les oiseaux dans les bois , molles voix étouffées , 

    Chantent des triolets et des rondeaux aux fées ; 

    Tout semble confier à l'ombre un doux secret ; 

    Tout aime, et tout l'avoue à voix basse ; on dirait 

    Qu'au nord ,  au sud brûlant , au couchant , à l'aurore , 

    La haie en fleur , le lierre et la source sonore , 

    Les monts , les champs , les lacs et les chênes mouvants , 

    Répètent un quatrain fait par les quatre vents .

     

    Victor Hugo

     

     

    Bises à toutes et tous

    Merci pour vos gentils passages

    Créations , images et petits mots

    Monia

     

    Merci Maïté ( le petit monde de Maï ) pour ces belles créations

    Merci à vous toutes

    Premier mai ( Victor Hugo )

     

     


    41 commentaires
  • Parmi le vert

    et la floraison

    de toutes les plantes les plus belles

    je flâne .

    Je délibère ici

    Je rêve par là .

    L’heure s’arrête

    ou plutôt s’étend pleinement ,

    se déplier et s’amplifier .

    Ces tournoiements et ondulations soudaines

    de brises d’été , 

    envoient tous les parfums

    dans l’air chaud .

    Contempler une feuille

    ou le motif sur le mur

    créés par des branches les plus prés .

    Ces têtes-là de fleurs dansantes

    exposent délicatement

    toute leur gloire .

    Quelle simplicité à se perdre .

    Et quelle aisance à respirer

    doucement .

    Et quelle aisance

    à avoir des pensées profondes .

    Bises à toutes et tous

    Monia

    Merci pour vos créations , images et petits mots

     

    Merci Lucette pour ta magnifique création

    Gros bisous mon Amie

     

     

     

     


    55 commentaires
  •  

    Le phare

     

     

     


    Il a toujours été là
    Comme érigé par les vents
    Pour qu’il puisse être ce mât
    Enchassé dans l’océan

     

    Et même si des carcasses gisent
    Comme des monstres de fer crevés
    Au pied de ces tempes grises
    Faites de sel sur les rochers

    Le phare

     

    Il a l’œil sur les ressacs
    Colosse au squelette de pierre
    Combien d’Ulysse loin d’Ithaque
    Lui doivent leur retour à terre

     

    Le phare

    Dans les abîmes de la nuit
    Sur l’incertitude des heures
    Quand le soir se sait promis
    Aux égarements des douleurs

     

    Quand la colère des flots fume
    Et qu’elle déchire les récifs
    Que des écharpes de brumes
    S’enroulent à son corps massif

     

    Il tend son flanc souverain
    Aux torpeurs enivrantes
    Affilé par les embruns
    Et leurs étreintes conquérantes

     

    Sur l’autel de ses écumes
    Dans l’orgie de ses reflux
    Quand sous ses quartiers de lune
    La peur déroule ses affûts

     

    Il émerge de cette attente
    Epuisé par les aguets
    Et les craintes de ces tourmentes
    Qui menacent de leurs ivraies

     

    Ce n’est que dans les aurores
    Qu’il détend son col de nuit
    Puis renaît de ses efforts
    Et de ces scènes d’agonies

     

     

    Didier Venturini

    Un bon vendredi à toutes et tous

    Bises

     

    Le phare

     


    64 commentaires
  • Oh ! de l'air ! des parfums ! des fleurs pour me nourrir !
    Il semble que les fleurs alimentent ma vie ;
    Mais elles vont mourir.... Ah ! je leur porte envie :
    Mourir jeune , au soleil , Dieu ! que c'est bien mourir !

     

    Pour éteindre une fleur il faut moins qu'un orage :
    Moi , je sais qu'une larme effeuille le bonheur .
    À la fleur qu'on va fuir qu'importé un long courage ?
    Heureuse , elle succombe à son premier malheur !

     

    Roseaux moins fortunés , les vents , dans leur furie ,
    Vous outragent longtemps sans briser votre sort ;
    Ainsi , roseau qui marche en sa gloire flétrie ,
    L'homme achète longtemps le bienfait de la mort !

     

    Et moi , je veux des fleurs pour appuyer ma vie ;
    A leurs frêles parfums j'ai de quoi me nourrir :
    Mais elles vont mourir.... Ah ! je leur porte envie ;
    Mourir jeune , au soleil , Dieu ! que c'est bien mourir !

     

    Marceline Desbordes-Valmore.

    Les fleurs

    Au jardin l'été dernier

    Un bon mercredi à toutes et tous

    Bises

    Monia

     


    38 commentaires
  • Dans un antique vase en Grèce découvert,
    D’une tombe exhumé, fait d’une argile pure
    Et dont le col est svelte, exquise la courbure,
    Trempe cette jacinthe, emblème aux yeux offert.
    Un essor y tressaille, et le bulbe entr’ouvert
    Déchire le satin de sa fine pelure ;
    La racine s’épand comme une chevelure,
    Et la sève a déjà doré le bourgeon vert.
    L’eau du ciel et la grave élégance du vase
    L’assistent pour éclore et dresser son extase,
    Elle leur doit sa fleur et son haut piédestal.
    Du poète inspiré la fortune est la même :
    Un deuil sublime, né hors du limon natal,
    L’exalte, et dans les pleurs germe et croît son poème.


    René-François Sully Prudhomme

    Bon lundi à toutes et tous

    Bises

    Monia

     


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